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UN PEU D'HISTOIRE PAR MICHEL CORSINI
Si le club de rugby de Lourdes était porté officiellement sur les fonts baptismaux en 1911, deux ans auparavant, des élèves des écoles publiques s’exerçaient à jouer au football et ils décidèrent de s’unir avec de jeunes étudiants de retour dans leur foyer pour donner naissance au Football Club Lourdais.
Le Docteur Méaud présidait alors aux destinées du jeune club dont les pionniers se nommaient : Ricarte, Emile Domec, Brenjot, Peyras, Nicolau, Bazi, Toulet, Malespine, Castay… Les parties, parfois mémorables, se jouaient sur le terrain du Paradis.
En 1912, le club dispute le Championnat de France de 2éme série à Perpignan contre le S.O.P du fameux Brutus. Le FCL s’incline 3-0.
Promu en 1ére série, le FCL réussit à faire match nul contre le Stadoceste Tarbais et cette partie est certainement à l’origine de la rivalité qui s’instaurait entre les deux voisins départementaux.
La guerre de 1914-1918 stoppait la progression du club lourdais et dès la fin des hostilités, deux dirigeants, Me Salles, avoué, et M. Dastugue, redonneront au FCL son lustre d’avant-guerre. D’ailleurs les résultats ne se feront pas attendre, d’autant mieux que Lourdes devient une pépinière d’internationaux tels Bernon, Duclos, Heuga, Clément Dupont. Pourtant, le club descend en Division Honneur.
A partir de 1924-1925, la Fédération instaure le principe de faire disputer aux championnats d’excellence, les championnats régionaux. Les places qualificatives se jouaient entre Tarbes, Lourdes, Bagnères de Bigorre et Auch.
En 1927, le FCL conquiert de haute lutte le championnat Armagnac-Bigorre et arrive en quart de finale du Championnat de France.
En 1939, le championnat honneur échappe de peu aux Lourdais qui, néanmoins, remontent en honneur. Mais la seconde guerre mondiale forçait l’inactivité du Club.
Les vieux de 1939, Brandam, Davant, Dutrey, Laborde-Grangé, Augé reçoivent des renforts de poids : Robert Soro, Jean Prat, Sempastous, Carassus, Palavicini, … En finale à Paris, trop confiants, ils sont battus par Agen. Nouvelle déception en 1945, avec une autre défaite en finale contre Pau.
En 1946, de nombreux joueurs quittent le FCL qui voit arriver en son sein Hourcade, Thill, Claverie, Maurice Prat. C’est en 1948 que le FCL est récompensé de sa ténacité en enlevant le titre de Champion de France contre Toulon sur le score de 11-3, au terme d’une saison formidable : le FCL en championnat jouait 14 matchs soldés par 13 victoires et un nul ; en Coupe de France, 7 rencontres pour 6 victoires et une défaite en finale contre Castres ; en amical, 8 matchs, 8 victoires.
La "Saga du F.C.L"
Après ce premier titre, le FCL collectionnait les titres sous la présidence d’Antoine Béguère.
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- Saison 1949-1950 : FCL vainqueur de la Coupe de France 16 - 3 contre Béziers. Les juniors B sont également sacrés champions de France.
- Saison 1950-1951 : Le FCL conserve la Coupe de France, s’imposant en finale contre Tarbes 6-3.
- Saison 1951-1952 : Deuxième titre pour le FCL aux dépens de l’USAP vaincue 20 à 11.
- Saison 1952-1953 : Troisième titre pour les Lourdais vainqueurs des Montois 21-16.
- Saison 1953-1954 : Le FCL remporte le Challenge Yves du Manoir, à Toulon, contre le RC Toulon 28-12.
- Saison 1954-1955 : Lourdes battu en finale de championnat de France par l’USAP 11-6.
- Saison 1955- 1956 : Quatrième titre de Champion de France obtenu face à Dax 20-0 et 2ème Challenge Du Manoir, le FCL battant l’USAP, en finale 3-0.
- Saison 1956-1957 : Cinquième titre pour le FCL qui conserve le Bouclier de Brennus en l’emportant 16-13 face au Racing Club de France.
- Saison 1957-1958 : Sixième titre (3ème consécutif) pour le FCL battant Mazamet 25-8.
- Saison 1959-1960 : Septième titre pour le FCL vainqueur de l’A.S. Béziers 14-11. Les juniors du FCL deviennent Champions de France, également s’imposant devant Vierzon 21-6.
- Saison 1965-1966 : Le FCL ramène le challenge Du Manoir à Lourdes, grâce à sa victoire contre Mont-de-Marsan 16-6.
- Saison 1966-1967 : Le Challenge Du Manoir reste à Lourdes. Victoire du FCL contre Narbonne 9-3.
- Saison 1967-1968 : Huitième titre pour le FCL qui s’impose au bénéfice des essais devant Toulon 9-9. Ce sera la dernière finale pour les Lourdais qui, en 24 saisons, en auront disputé 11 et gagné 8.
Le FCL connaîtra ensuite quelques saisons difficiles, restant néanmoins dans les équipes du haut de tableau de Nationale.
- Saison 1976-1977 : Revoilà le FCL, battu en finale Du Manoir 19-18 par Béziers qui domine le rugby français depuis quelques années.
- Saison 1980-1981 : Le FCL, en battant Béziers, s’octroie à nouveau le Challenge Du Manoir. Victoire 25-13.
- Saison 1983- 1984 : Le FCL s’incline devant le Stade Toulousain 6-0 en finale de la Coupe de France.
La période d’or du FCL prendra fin avec l’arrivée du professionnalisme, faisant la part belle aux grandes métropoles où l’économie est florissante (Paris, Bordeaux, Toulouse, Clermont-Ferrand, Toulouse ….) et le FCL rentrera dans le rang.
- Saison 1994-1995 : Le FCL devient Champion de France du groupe B, en battant Romans 37-36.
- Saison 1998-1999 : Le FCL gagne la Coupe de l’Espérance, battant en finale, 22-16, l’Entente Le Creusot-Montchanin.
- Saison 2007-2008 : FCL Champion de France de Fédérale 1 devant La Seyne-sur-Mer 5-3.
Après plusieurs saisons en Fédérale 1 (plus haut niveau amateur), le FCL joue en Fédérale 2 et échappe plusieurs fois à la relégation à l'étage inférieur.
- Saison 2023-2024 : Le FC LOURDES RUGBY retrouve la Fédérale 1 après un beau parcours lors des phases finales. Défaite en demi-finale face à Rugby GRENADE 37-27.
- Saison 2024-2025 : Le FC LOURDES RUGBY se structure et se professionnalise pour avancer encore plus loin.
LES ANECDOTES DE MICHEL
Séismes à Lourdes
Depuis le 6 mars 1949, le FCL demeurait invaincu dans son stade, en championnat de France et le 6 mars 1960, il accueille l'AS BEZIERS. Le club de l'Hérault l'avait battu lors du match aller, sur la marque de 12 à 6.
A domicile, les lourdais qui s'était imposés devant Roanne, le Stade Bordelais, Montauban, Cahors, Bourg en Bresse et Cognac espéraient bien prendre leur revanche. Les supporters des "rouge & bleu" se pressaient nombreux au Stade Municipal pour assister à cette rencontre fort médiatisée.
Inviolée depuis 12 ans, la citadelle bigourane tombait face aux légions de Biterre (11-3) où un petit jeune homme aux pieds agiles, employé de gare, répondant au nom de Robert Spagnolo, crucifiat le FCL en inscrivant 3 essais.
Ces deux défaites contre Béziers n'empêcheront pas le club lourdais de se qualifier et de retrouver Béziers en finale.
Les Lourdais l'emporteront et empocheront leur 7ème titre de Champion de France. Mais la défaite du 6 mars 1960 mettait fin à la série d'invincibilité lourdaise à domicile.
Le Champ des PRAT
Joseph PRAT, agricultueur de son état, père de Jean et de Maurice qui feront les beaux jours de FC Lourdais et de l'équipe de France, vendit un de ses prés, le champ de la Riouette (petite rivière en patois bigourdan) qui devint ainsi en 1928, le terrain du FCL, alors un tout petit club issu de l'Etoile sportive lourdaise créée en 1905 dont la notoriété ne dépassait pas les premiers villages avoisinant. Jusqu'alors, l'équipe opère au terrain du paradis, près du pondi Caoutchiou et s'y trouve à l'étroit. Le président du FCL, Lucien POURXET, va demander en 1928 une subvention au conseil municipal pour l'achat d'un terrain situé route du Lac et pour son aménagement. Cinq mois plus trard, 20 000 francs sont accordés au club à condition d'accueillir les enfants des écoles et d'équiper un fronton, une piste, un sautoir. Sous la présidence d'Antoine BEGUERE, le club deviendra rapidement après la 2nde guerre mondiale l'un des plusbeaux fleurons nationaux. Et le champ de Joseph PRAT devint trop petit. Il fallait constamment rajouter des places comme par exemple ce 13 mars 1955 où les Lourdais accueillaient les Montois. L'évêque de diocèse de Tarbes-Lourdes consentit à louer 6000 chaises pour asseoir une partie des 20000 spectateurs.
La Cla
Tous ceux qui ont porté le maillot du FCL ont connu la cominaison dite "La Cla".
Mais à qui la devait-il ? Réponse ; à Noël RICARTE, cordonnier de sont état et grand attaquant sous le maillot Lourdais et Tarbais.
Toujours à la recherche de combinaisons, "La Cla" prenait forme autor de Clément DUPONT, Louis CLAVERIE, Roger HAUSER, Henri BOREDE, René DUFFOURC et Albert DOMEC.
Cette combinaison sera remise à l'honneur dans les années 1950 par l'équipe Jean PRAT (La Cla-oui, La Cla-non).
Noël RICARTE ne sera jamais international, car il était de nationalité espagnole. Demi d'ouverture, il fera les beaux jours de Lourdes dès sa création en 1911, fera une escapade à Tarbes en 1919 et reviendra à Lourdes de 1921 à 1924. au total, il portera les couleurs lourdaises une dizaine d'années.
La Vista de Bichon
De mémoire de témoins oculaires, la finale entre le FCL et le RCF se verra qualifié de superbe. Pouvez-t-il en être autrement entre ces 2 équipes qui comptaient dans leurs rangs plusieurs internationaux ?
Côté parisien : VANIIER, VIGNES, DUFAU, MONCLA, CRAUSTE.
Côté lourdais : LACAZE, RANCOULE, MARTINE, Maurice PRAT, Antoine LABAZUY, DOMEC, BARTHE, Jean PRAT.
D'autre le deviendront après cette finale tels MARQUE SUZAA et TARRICQ.
Cette finale jouée à Lyon, au stade Gerland, restait fort indécise, malgré l'avance prise par le FCL qui menait 13-0, les Racingmen contrecarrant les plans Bigourdans. D'autant plus qu'Antoine LABAZUY, boitait bas, était réduit à jouer les utilités. Néanmoins, il glissait en 3ème ligne, Roger MARTINE prenant sa place à l'ouverture et DOMEC prenant place au centre de l'attaque, aux côtés de Maurice PRAT. La victoire bascula définitivement dans le camp lourdais sur ce coup du sort, apparemment à leur désavantage mais finalement à leur bénéfice.
Voici le témoignage de Michel CRAUSTE, alors parisien : "Nous trois en 3ème ligne (Moncla, Brun, Crauste) montions à fond sur les centres MARTINE et PRAT, laissant Antoine LAZUY, libre de jouer au pied ou de transmettre le ballon. Lorsque MARTINE dut remplacer Antoine L, il avait compris notre plan défensif et dès son premier ballon, il prit un trou, nous prenant à contre-pied, trouvant en soutien Henri RANCOULE pour l'essai qui permettait au FCL d'être à nouveau Champion de France pour la 5ème fois !"
la Touche Longue
Ce jour-là, le FCL remporte sont 3ème titre de Champion de France contre Mont de Marsan. Les journalistes (et les spectateurs) assistent au cours de cette partie à une initiative lourdaise surprenant : la décision de jouer une touche longue sur Maurice PRAT qui avec Roger MARTINE attaquent de l'en-but pour l'essai de MANTEROLA. Rien ne nous autorise à écrire que la touche longue fut inventée par les Lourdais, mais nous pouvons sincèrement douter que les clubs pratiquant une telle combine devant leur propre ligne de but étaient légion.
Quelques hommages journalistiques après ce match :
"Le trio DOMEC-MANTEROLA-PRAT et les attaquants sont les maîtres du terrain" (Marcel De Laborderie - L'Equipe)
"Maurice PRAT, attaquant plein de ressources a donné le ton au moment crucial" (Raymond Sautet - La Dépêche)
" Roger Martine deviendra l'ouvreur de demain du XV de Franc" (Géo Gilletan - France Soir)
"Domec, le plus fin joueur sur le terrain" (Georges Pastre - Midi Libre)
Le Président Albert ROSS
la saison 1918-1919 voit Albert ROSS présider aux destinées du FCL. Il avait pratiqué le rugby avant-guerre.
Cet homme était un grand sportif, champion de bobsleigh, amateur de chevaux de course. Il était également connu pour être le propriétaire des Grottes de Bétharram. Il voulait des résultats immédiatement et pour cela, il n'hésitait pas à y mettre le prix. De caractère autoritaire, il supportait mal la contradiction et encore plus, l'échec.
En 1921, 1922 et 1924, l'équipe du FCL désignée comme "la grand équipe de Ross" jouera les premiers rôles... mais chutera chaque fois près du but. Ce qui provoquera la décision du président de rendre son tablier en fin de saison 1923-1924.
Un certain Hutchings
Le Palois Jacques MICHOU signait au FCL lors de la saison 1973-1974. La saison suivante, un joueur britannique dénommé Hutchings, domicilié dans la cité du bon roi Henri IV, optait pour le FCL. N'ayant pas de voiture, il sera véhiculé pour les entrainements et les matchs par Michou.
Plusieurs années plus tard, Jacques Michou travaillait à l'usine Turboméca, à Bordes, occupé à faire des pièces devant son tour, dans un atelier de cette firme ; voit arriver un groupe d'ingénieurs et d'hommes d'affaires qui lui transmettent les amitiés de Mr Hutchings. Et ces personnes restent cois devant le palois en bleu de travail qui est employé d'usine. Comment le PDG Mr Hutchings, à la tête de plusieurs entreprises comptant plus d'un millier de salariés en Grande-Bretagne pouvait-il connaître cet ouvrier dont il leur avait demandé de lui donner son meilleur souvenir et ses plus chaudes amitiés ?
Jacques Michou apporta une réponses aux interrogations de ces cadres supérieurs : "Nous avons joué ensemble dans le club de rugby du FC Lourdais et nous avons sympathisé au cors de la saison 1974-1975, avant que Mr Hutchings ne reparte en Angleterre". Ce n’était pas plus compliqué que cela.